Comment planter sa startup en 10 étapes

 In Conseils d'experts

Bertrand Bigay l’un des cofondateurs de P.Factory est revenu sur les 10 étapes qu’il vous faudra éviter si vous ne souhaitez pas planter votre projet. Paroles d’un entrepreneur à succès et fort de son expérience dans l’accompagnement de startups, découvrez les différents points sur lesquels vous devrez vous focaliser afin de maximiser vos chances de réussite.

1. Ne pas avoir la bonne équipe

L’équipe est un élément fondamental pour la prospérité de votre startup. Au démarrage il est impératif de se poser des questions telles que ; Pourquoi se lancer dans cette aventure ? Ai-je bien mesuré les enjeux ? Est-ce que mes associés se projettent dans la même direction ? Partagent-ils ma vision ? Votre équipe devra être prête à affronter les mêmes tempêtes.

En règle générale, quatre cofondateurs ont peu de chance de réussir, il n’y aura pas d’alignement sur la stratégie à long terme et ils auront de grandes difficultés à se payer rapidement.

Dans le monde : 50 personnes ont la même idée que vous en même temps

Même problématique pour les 3 copains qui ont les mêmes profils et qui montent ensemble leur boîte. Rapidement se fera ressentir le besoin de compétences nouvelles, ce qui engendre un recrutement et encore un problème de financement. Il est primordial de constituer une équipe qui a des compétences complémentaires et en adéquation avec le problème traité.

N’oubliez pas que dans le monde : 50 personnes ont la même idée que vous en même temps. Il faut donc une cohérence entre l’équipe et le projet mené. Un conseil, ne restez pas non plus seul. Entourez-vous et approchez votre écosystème entrepreneurial local ce qui vous permettra de bénéficier de conseils, mais également de trouver des compétences pour votre projet.

2. Ne pas savoir qui est le chef

La répartition du capital doit représenter l’apport et l’investissement personnel de chacun sur les 10 prochaines années.

Les partenaires ainsi que vos futurs investisseurs veulent savoir qui est le chef, à qui ils confient leur argent et qui doit en répondre. Bertrand BIGAY nous présente un cas qui s’est présenté à lui d’une SARL en co-gérance. A la question qui est le chef, les deux associés répondaient qu’ils finissaient toujours par tomber d’accord. Afin de faire entrer des investisseurs au capital de leur entreprise ils se sont transformés en SAS. Lorsque la question ; qui est le président s’est posée ces derniers ont imaginé une présidence tournante, ce qui en réalité n’est pas viable.

Lors de cette transformation de statuts un chef s’est dégagé ce qui n’a pas plu au second associé. La levée de fonds s’est correctement déroulée à la suite de laquelle une situation de crise est apparue. Une remise à plat de la stratégie a été nécessaire ce qui a entraîné un désaccord entre les deux fondateurs qui ne pouvaient trancher. La mise en place d’un comité stratégique a engendré le retrait d’un des associés.

La morale est donc qu’à la question du premier jour « qui est le chef », une réponse franche aurait dû être donnée ce qui aurait permis d’éviter cette situation. La répartition du capital doit représenter l’apport et l’investissement personnel de chacun sur les 10 prochaines années.

 3. Ne pas confondre startup et salariat

L’une des grandes différences est que le mode d’organisation d’une entreprise repose sur l’optimisation de son business model alors qu’une startup tente d’en trouver un. Une startup est une phase dans la vie d’une entreprise et a pour principal objectif d’en sortir. Sa dynamique, son fonctionnement, ainsi que ses objectifs sont donc très différents.

Bertrand cite le cas de 3 associés qui ont monté une startup et convaincu des investisseurs d’y injecter 600 000€. L’un des associés a avancé des prétentions salariales à 7000€, entraînant la volonté des deux autres de se verser le même salaire. Les charges salariales étaient tellement importantes qu’elles ont coulé l’entreprise. Quand on monte une startup il faut garder à l’esprit qu’elle est une entreprise en faillite permanente qui ne vit que selon la bonne volonté de ses fondateurs et n’est pas capable d’absorber les coût normaux de salaires d’une entreprise lambda.

Une startup est une entreprise en faillite permanente

Si l’on veut bien vivre il faut être salarié. Si l’on veut avoir une chance de devenir très riche il faut être entrepreneur et ne pas être regardant sur son implication et les sacrifices. L’une des grande différence est que le mode d’organisation d’une entreprise repose sur l’optimisation de son business model alors qu’une startup tente d’en trouver un. Une startup est une phase dans la vie d’une entreprise et a pour principal objectif d’en sortir. Sa dynamique, son fonctionnement ainsi que ses objectifs sont donc très différents.

4. Ne pas prendre de risques

Ne pas décider est pire que de prendre une mauvaise décision. Quand on se lance dans l’entrepreneuriat, il faut apprendre à faire des choix et admettre que l’échec n’est pas une fin en soi. Lors de cette aventure vous serez amenés, avant d’atteindre votre but, à tester, pivoter, réitérer. Vous devrez accepter de sortir de votre zone de confort et faire des choix parfois risqués qui vous permettront de rencontrer de belles opportunités. Il faut être à l’écoute des feedbacks et les différentes remarques vous permettront d’identifier les lacunes de votre projet. Pensez à vous ouvrir et à accepter la critique car il faut parfois être prêt à changer de méthode sans pour autant vous éloigner de votre objectif.

Généralement la peur de perdre est plus importante que l’envie de gagner et ce biais cognitif peut vous empêcher de prendre une décision qui peut-être vous permettra de franchir un cap dans votre développement. Par définition, à la différence d’une grande entreprise, une startup à ses débuts n’a que très peu de choses à perdre et tout à gagner alors n’ayez plus peur de prendre une mauvaise décision. Agissez.

5. Manque de focus

Arrêtez de développer des fonctionnalités inutiles

Vos premiers mois, voire pour certains premières années peuvent être désespérantes et chaotiques. En effet, vous ne disposez que de peu de temps et d’argent. Il sera donc nécessaire de dépenser vos ressources intelligemment pour avoir de l’impact sur vos utilisateurs ou votre marché.

Arrêtez de développer des fonctionnalités qui ne serviront à rien ou à en agrémenter d’autres pour faire plaisir à tel ou tel client. Votre produit doit répondre à un objectif fixe et aux besoins des utilisateurs. 

Il est impératif de toujours savoir, quels sont vos 2-3 objectifs prioritaires du moment. Tout ce qui viendra les parasiter ou ne permettra pas de les développer sera du temps mal utilisé.

6. Oublier l’objectifs principal : le chiffre d’affaires

Bien que vital pour votre projet, ce détail est bien souvent oublié. Prenons le cas qui s’est présenté, d’une personne indemnisée par Pôle Emploi qui a lancé sa startup. Cette dernière a développé sa solution pendant près de deux ans, sans jamais la faire tester, ni même se confronter au marché. Un mois avant l’échéance de son indemnisation elle décide de lancer sa solution, qui ne rencontre pas le succès escompté. Finalité, pas de clients, pas de CA, pas assez de bénéfices pour se payer.

Faire du chiffre d’affaires est votre priorité car il vous permettra d’avoir des ressources, de faire des levées de fonds et d’accéder à d’autres dispositifs de financement. Il témoigne de la compréhension de l’importance de cet objectif mais également de la preuve de concept de votre produit ou solution. Avoir plein de clients gratuits pour un test ne vaut rien dans la plupart des cas pour un investisseur.

7. Ne pas suivre de KPIS

Les fondateurs ne peuvent espérer développer une entreprise de manière significative sans un accent presque obsessionnel sur ses KPI. Vous devez aussi mesurer les bon chiffres, en voici quelques exemples.

Par exemple pour une application mobile les téléchargements n’ont aucun intérêt s’ils ne sont pas recoupés avec les utilisateurs actifs. L’acquisition de nouveaux clients est une chose, mais les conserver est encore plus important. Votre taux de fidélisation des clients indique le pourcentage de clients satisfaits. Votre cash burn est également un élément fondamental tant pour la survie de votre entreprise que pour les potentiels investisseurs.

L'acquisition de clients est une chose, les conserver est encore plus important

Cette mesure clé est essentielle pour déterminer la quantité de liquidités dont l’entreprise a besoin pour continuer à fonctionner et à croître. Le taux de conversion mesure combien de visiteurs s’engagent avec votre site ou votre application. Il peut être définie de différentes façons selon votre entreprise, y compris le nombre de clics, l’heure sur le site Web, les pages vues, les téléchargements, l’abonnement à la newsletter ou au blog etc…

Le taux de croissance de votre chiffre d’affaires mesure l’augmentation en pourcentage d’un mois à l’autre. C’est l’un des paramètres de démarrage les plus fréquents et les plus importants. Le taux du chiffre d’affaires fournit un indicateur solide de la rapidité avec laquelle votre démarrage augmente.

8. Rater sa levée de fonds

Vous n’aurez pas deux fois la chance de faire une bonne première impression

La levée de fonds est une étape chronophage et amène à se poser la question du moment auquel elle doit intervenir dans la vie votre projet. Gardez à l’esprit que si vous partez sur une levé de fonds votre business va s’arrêter car vous n’aurez plus de temps à lui consacrer et si cette dernière échoue votre boîte va en souffrir énormément. Elle se prépare et se fait surtout au bon moment pour qu’elle se fasse très vite.

Vous n’aurez pas deux fois la chance de faire une bonne première impression, tachez donc de trouver des business partners qui partagent votre vision, vos intérêts mais aussi qui apporteront une véritable valeur ajoutée à votre projet.

Généralement, les levées de fonds se finalisent entre 3 à 6 mois si tout se déroule comme prévu mais plusieurs facteurs peuvent ralentir la procédure comme le manque de réactivité dans les échanges, une vision pas assez claire, la release d’un produit, ou encore le manque de transparence.

Gardez en tête que la levée de fonds n’est pas une étape obligatoire dans la vie d’une startup, et d’autres systèmes de financements non dilutifs peuvent intervenir comme votre chiffre d’affaires, les prêts ou encore les subventions. Tâchez de bâtir une relation de confiance et de vous entourer de véritables business partners et non de gens qui vont simplement injecter de l’argent dans votre projet.

9. Rater la prochaine étape

Il faut avoir une vision claire du développement de votre entreprise afin que cette dernière ne vivote pas. Si votre startup ne connaît pas de croissance, c’est qu’elle va mourir car tôt ou tard elle sera dépassée technologiquement et votre proposition de valeur ne sera plus en adéquation avec les besoins du marché.

10. Manquer d’ambitions
alors Think Big !

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